12min. Canon 5D Mark II.
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Les résumés postés dans cette rubrique correspondent aux cours d’écriture scénaristique donnés à des élèves sur l’année 2009 / 2010.

Ces cours ont été conçus d’après les ouvrages de référence suivants :
La Dramaturgie, Yves Lavandier – Editions du clown et de l’enfant
La Poetique, Aristote – Seuil (pour les riches), J’ai Lu (plus accessible)
Faire d’un bon scénario un scénario formidable, Linda Seger – Dixit
Manuel du scénario américain, Bloch, Fadiman & Peyser – CIAM
Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim – Pocket
Action, Nicholas Ray – FEMIS

Je vous invite très fortement à vous procurer la Dramaturgie d’Yves Lavandier.

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La mise en scène n’est pas la chasse gardée du réalisateur, ni du scénariste.

La mise en scène n’est pas délimitée par les différentes phases de création d’un film. Souvent, le storyboardeur, qui travaille dans l’ombre, est l’un des principaux créateur de la mise en scène.

Le scénariste induit de nombreux éléments de mise en scène, comme il induit le choix des acteurs, des décors, etc. Le storyboardeur, le chef opérateur, et de nombreux autres postes clés du cinéma ont eux aussi leur part de création dans la mise en scène d’un film.

Le réalisateur ne se définit pas principalement par ce qu’il apporte à la mise en scène. Il est le pilier du film, le moteur, et celui qui tient l’unité d’un film de la première étape de la conception à la dernière. Un réalisateur, sur un tournage, doit plus se définir comme celui qui gère les accidents (tous les imprévus du tournage : fatigue, pluie, retard, problème technique, etc.).

Le tournage est la phase la plus sensible de la création d’un film. Il faut réfléchir vite, prendre les bonnes décisions, garder du recul et une vue d’ensemble au moment où c’est le moins évident. Le réalisateur, sur un tournage, n’est pas un metteur en scène. C’est le meneur, celui qui fait que les accidents vont dans le sens du film, celui qui transforme les aléas et la fragilité du tournage en une force narrative.

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Il s’agit de faire avancer l’action par un effet.

Le Rosebud de « Citizen Kane« permet de caractériser le personnage de Kane, tout au long du film ; à la fin du film, la réponse dramatique est négative : le journaliste qui enquête sur Kane après sa mort n’obtient pas de réponse sur la signification de ces dernières paroles. Mais le public lui reçoit une réponse : un gros plan montre la luge de Kane enfant en train de bruler ; il est écrit « Rosebud » sur la luge.

Le montage est un effet narratif extrêmement puissant au cinéma, théorisé par Eisenstein. Le montage permet de créer des effets de contraste. Par exemple, dans « La grève« , le contraste entre le peuple et l’aristocratie.

Le montage par attraction permet de faire avancer l’histoire, ou de caractériser un personnage en alternant les plans de manière symbolique. Par exemple, dans « Le cuirassé Potemkine », le montage d’un plan sur un paon après celui du tsar permet de définir en un instant le caractère du personnage.

Les effets de son sont très utilisés. Par exemple quand la cloche sonne dans « La Vie de Galilée » de Brecht, la cloche sonne pour donner la réponse dramatique de l’histoire : Galilée s’est désavoué.

La musique est également très largement utilisée pour renforcer l’émotion d’une scène, voire de la construire.

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Les qualités du dialogue
-> caractériser un personnage. La façon de parler caractérise un personnage. On sait s’il est espiègle / naïf, jeune / vieux, sincère / hypocrite, etc. Chaque dialogue doit donc tenir compte du personnage qui le dit.

-> définir la relation entre les personnages. Le dialogue, c’est ce qu’on dit aux autres. Ce qu’on dit aux autres dépend du rapport qu’on a avec eux. Un dialogue peut révéler une intimité entre deux personnages, ou au contraire de l’animosité, etc.

-> exprimer la pensée du personnage. Parfois les actes ne révèlent pas ce que fait, ou ce que va faire le personnage. Parfois plusieurs états d’esprit sont possibles, et le dialogue donne des informations sur les pensées, sur les émotions des personnages.

-> créer des obstacles. Un dialogue conflictuel va directement avoir un impact sur la dramaturgie de l’histoire : l’obstacle de la scène, ou sa résolution, va passer par le dialogue. Par exemple : elle lui annonce qu’elle le quitte. Ou bien : va-t-il lui dire qu’il est son père ?

Sorti de ces mécanismes, le dialogue sert souvent… à rien ! Hitchcock considérait qu’un film devait contenir le moins de dialogue possible, et ne filmait des répliques que si elles étaient absolument nécessaires.

Paraphrase : c’est dire plusieurs fois la même chose. Attention aux dialogues qui ne vont nulle part, qui sont répétitifs ; un dialogue n’est pas réaliste, il obéit à la dramaturgie. Ce qui a été dit une fois a fait avancer l’action, et n’est plus à dire.
Attention à un autre type de paraphrase : dire l’induit, l’évident. Si une action montre clairement un état d’esprit, un sentiment, inutile de le faire dire au personnage. Par exemple, un malade dans un lit d’hopital, très agité, respirant vite, qui dirait : “je souffre !”

Le non-dit : ce qui n’est pas dit est souvent plus intéressant que ce qui est dit. Un dialogue, c’est aussi des moments de silence entre deux personnages, des regards, des paroles qui ne sortent pas, etc.

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L’Activité
Il s’agit de faire avancer l’histoire en décrivant des actions humaines. Les actions sont plus fortes que les mots, car les mots mentent. Une action renvoie toujours à la vérité profonde d’un personnage.
Un personnage qui tremble, et allume frénétiquement une cigarette semble anxieux.
Si le même personnage, au lieu d’avoir une activité, dit simplement : “je suis anxieu”, l’impact est tout autre. L’image est plus forte que le son, elle a un impact immédiat sur le spectateur.

L’activité permet également de donner beaucoup plus d’indications aux acteurs de l’histoire. Que font-ils ? Comment se comportent-ils ? De quelle façon réagissent-ils face au stress, à la colère, à l’amour, etc.

Le Dialogue
Le dialogue est souvent le mode narratif le plus évident pour faire avancer une histoire. Mais attention, il est avant tout l’héritage du théâtre, qui ne connaissait pas les autres modes narratifs (voix off, effet de mise en scène, musique, etc.) Quoi qu’il en soit, le dialogue reste fondateur d’une histoire, principalement parce qu’il donne des indications sur les pensées, l’état d’esprit du personnage. C’est également le premier vecteur pour décrire les relations entre les personnages.

Attention, ces deux modes narratifs sont les plus utilisés, et ils ont les mêmes buts (décrire les personnages, et faire avancer l’histoire). A vous de prendre un style, de voir où vous attire votre goût, mais dans tous les cas : n’utilisez pas les deux en même temps ! Ne faites pas dire à un personnage ce qu’il montre déjà par ses actions, et ne montrez pas ce qu’il dit.

Mettons également l’accent sur un point central : l’activité et le dialogue caractérisent un personnage. C’est même idéalement, ce qui doit les caractériser ! Fit des descriptions, des costumes, des intérieurs décrits avec précision. L’habit ne fait pas le moine, et trop de description sur un personnage ne vont pas le rendre plus crédible !

Chaque action et chaque réplique est une caractérisation. On doit pouvoir prendre votre histoire en plein milieu, et comprendre qui sont les personnages.

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Il existe 4 façons de raconter une action humaine.

Exposition : on expose, on raconte l’action.
Activité : on joue l’action.
Dialogue : on explique l’action à travers un dialogue.
Effet : on crée un effet de mise en scène pour raconter l’action.

L’Exposition
Il existe plusieurs type d’exposition : un personnage va raconter ce qui s’est passé. Ce personnage peut être dans l’histoire, dans ce cas il s’agit d’un monologue : quelqu’un raconte à un autre, ou à quelques autres, ce qui s’est passé.
Souvent, ces monologues sont difficiles cinématographiquement, car ils sont très littéraires. Les monologues rendent une mise en scène tout de suite théâtrale.
Pour éviter cela, deux solutions : il est possible de morceler l’exposition : on fait raconter en plusieurs fois ce qu’on a à dire ; on morcèle le monologue.
On peut également ajouter du conflit dans le monologue pour le rendre plus accrochant : soit dans ce qui est raconté (par ex. quelqu’un avoue un meurtre), soit dans à qui c’est raconté : la personne qui reçoit le monologue ne croit pas son interlocuteur, ou ce qu’il révèle lui ajoute du conflit.

L’exposition peut se faire par une narration extérieure à l’histoire : la plupart du temps, il s’agit d’une voix off. La voix off a été totalement banie par les théoriciens de la nouvelle vague, elle était jugée trop littéraire. Il est vrai qu’il s’agit souvent d’un effet paresseux, il y a souvent des alternatives plus créatives à la voix off. Mais dans certain cas, il est possible de construire une histoire avec une voix off, qui donne une dimension supplémentaire à la dramaturgie de l’histoire. L’un des exemples les plus parlants est « The Barber« , des frères Coen.
Attention à la pire utilisation de la voix off : ponctuellement, au début ou à la fin du film, parce que l’on arrive pas à raconter un élément par les autres moyens…

La manière la plus facile et utilisée de contourner le problème de la voix off est le recours à des éléments comme une radio ou une télévision. Ces procédés sont des voix off, ponctuelles, qui sont mises en scène, sans pour autant faire partie de l’histoire. C’est très efficace, mais là aussi, attention aux excès !

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fin du tournage de DAS7, après 4 semaines de répétitions, et 2 jours de tournage.

Jean-Baptiste Mazoyer dans le rôle d'Ulysse

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Pour construire une histoire, chacun sa méthode !
Voici l’une d’entre elle :

1. caractériser les personnages
leur donner des états initiaux et finaux, des objectifs, des obstacles.

2. concevoir le squelette
Qui en est le protagoniste ? quel est le climax ? Quelles sous intrigues ?

3. donner du sens
Quelle résolution ? Quel incident déclencheur ?
Ces éléments font le corps de la “morale” de l’histoire.

4. écrire des scènes

5. mettre de l’ordre
donner des titres à chaque scène, les mettre de un ordre tel qu’elles suivent le modèle synthétique (le climax est l’obstacle le plus fort, les scènes s’enchainent dans leurs préparations / paiements)

Raconter à quelqu’un d’extérieur à l’histoire

6. faire le ménage
constamment, supprimer tout ce qui n’est pas nécessaire à l’histoire !

7. écrire des variations
explorer toutes les directions majeures que pourrait prendre l’histoire. Ecrire et réécrire sans relache !

Raconter à quelqu’un d’extérieur à l’histoire

8. écrire le corps du scénario

Faire lire à quelqu’un d’extérieur à l’histoire

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Le germe d’une histoire peut venir de différentes sources d’inspiration : un fait divers, l’adaptation d’une histoire, le mélange de genres, etc.

Mais très souvent, quel que soit le contexte, l’une des moteurs de la création est la contrainte. Les plus grands compositeurs et peintres ne devaient aborder que des sujets religieux, les premiers cinéastes devaient contourner la contrainte de l’absence de son, etc.

Certains auteurs font même d’une contrainte l’unique point de départ d’une œuvre.
Citons « La Disparition » de Georges Perec, roman ne comportant pas la lettre “e”, ou encore « Dancer in the Dark » de Lars von Trier, filmé en grande partie par 100 caméras miniDV.

Le contrepoint : notion provenant du vocabulaire de la musique, il s’agit de traiter un élément par son opposé. Faire jouer le rôle d’un nazi par un juif (« Le Dictateur« , Chaplin), Faire gagner les vampires dans un film comique (« Le Bal des Vampires« , Polanski), créer un rebondissement inattendu (« Les Diaboliques« , Henri-Georges Clouzot), etc.
Le contrepoint, en allant à l’opposé de ce que peut attendre le spectateur ou le lecteur, renforce le propos de l’histoire par effet de contraste.

Les préparations bien payées aident à construire la crédulité du spectateur. Il ne sort pas de l’histoire, qu’elle soit réaliste ou non.

Le milking sert souvent à renforcer un paiement qui sans lui, aurait pu laisser le spectateur sur sa faim.

Les Triades peuvent construire l’imaginaire de l’histoire. Le fait d’écrire 3 fois la même action, qui à la troisième fois finit par payer, est une thématique universelle largement employée dans les contes de fées.

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